Australie : le bout du monde ! (2)

Suite de la première partie sur l'Australie .

 

Jetée de Palm cove

C'est blindé de pêcheurs ! Adieu la tranquillité. Mais c'est de bonne augure pour la suite ...

Jetée de Palm Cove

Je commence avec une tête plombée de 7gr et un shad de 4". Une touche ratée, et un leurre souple "grignoté" immédiatement. Ca sent les petits poissons... je diminue la taille et mets un petit shad de 2".

Bingo : je pique un poisson lézard , une petit carangue et 3 Puffer fish (poissons-ballon). Le nombre de touches ratées est impressionnant : 1 poisson pour 10 touches au moins.

Un petit poisson lézard Petite carangue Un petit poisson-ballon


Les poissons-ballons ont une facheuse tendance à "croquer" directement le leurre souple. Du coup, quand le banc est là, il faut prévoir une bonne quantité de leurres ...

Leurre souple grignoté... Leurre souple grignoté...

Puis le déluge arrive : grosses rafales et pluie tropicale. Obligé de plier.

La tempête arrive ...

 

Et après la tempête, l'éclaircie :

Après la tempête ... l'éclaircie  

 

Palm cove : 2ème et 3ème jour

Cette fois, ce sera pêche à la crevette, technique qui semble la plus répandue ici.
Il y a tellement de petits poissons qu'il est peine perdue de les éviter. Du coup, la méthode est vite trouvée : un hameçon n°8, un tronçon de crevette, un plomb de 5gr en potence.

Que je pêche à mes pieds ou à 40 mètres, ça ne change rien : il y a systématiquement une touche dans les 10 secondes qui suivent.

C'est simplissime : il faut attendre que le poisson se pique tout seul. Par contre, le rendement est faible : un poisson piqué pour 4 ou 5 touches en moyenne. Je passe mon temps à couper les crevettes, les remettre sur l'hameçon et relancer. Je vous laisse imaginer l'odeur sous le soleil tropical ...

Au final, une bonne vingtaine de poissons sortis tout de même !

 

J'ai ensuite ré-essayé aux leurres souples et je me suis amusé comme un petit fou : quasiment une attaque à chaque lancé. Toujours beaucoup de ratés, mais ça fait parti du jeu !
En 1h30, je finis avec plus de 35 / 40 poissons divers.

 

Sur ces 2 jours, j'ai pris un peu de tout ... dont certaines espèces plus ou moins indéterminées : toujours des carangues et des puffer-fish ; mais aussi des stout whithing, lesser queenfish, yakka, javelin fish, trumpeter, grunter., ...

 

Toujours des carangues

Petite carangue

 

Stout whiting

Un Stout whithing

 

Lesser queenfish ; celui-là, il pique sévère !

Lesser queenfish Lesser queenfish : il pique !

 

Trumpeter

Trumpeter

 

Yakka

Yakka

Javelin fish / Grunter

Javelin fish / Grunter

 

Et un inconnu ... pourtant pris en grand nombre !

Inconnu ...

 

Crescent perch

  Crescent perch Crescent perch

 

 

Guide de pêche, 1er jour

2 jours avec guide étaient également prévus. J'attendais ça avec impatience ! Le guide, Kerry (de Blackout Sport Fishing), est un vrai passionné, ça se sent !

 

Pour ce premier jour, nous serons 2 pêcheurs sur le bateau. Objectif : de grosses carangues (plus connues sous le nom de GT, pour Giant Trevally), des queenfish (une autre espèce de carangue) ou des spanish macquerel.

 

Les 2 premières heures, nous serons au leurre souple (shad de 15 cm) le long des côtes, dans les rôchers : je sors 6 petits Wire netting cod (petits mérous) et j'en rate le double.

Wire netting cod Des postes tous plus magnifiques les uns que les autres

L'autre pêcheur sort un Western Butterfish (littéralement : Poisson-beurre de l'ouest ... ?! ). De quoi passer agréablement le temps, mais ce n'est pas vraiment ce que nous cherchons.

Western Butterfish


Du coup, nous changeons de technique : cette fois, ce sera un gros stickbait (leurre de surface), à lancer derrière les rochers et à ramener le plus vite possible.
Autant vous dire que vu la taille du matériel, c'est sportif et les bras commencent à chauffer assez vite !

 

Nous voyons rapidement quelques GT et queenfish suivre les leurres ... mais sans suite. Les rares attaques ont lieu au dernier moment, proche du bateau, et sont systématiquement ratées.

A une exception près : une queenfish un peu plus téméraire que les autres, après avoir suivi le leurre sur plus de 30 mètres, finit enfin par se piquer sur mon leurre.

Quelle puissance ! Le moulinet se vide instanément de 50 mètres de fil. Et quelle nervosité ! Les coups de têtes ne s'arrêtent pas et le poisson prend un malin plaisir à constamment changer de direction, à passer sous le bateau et à longer les rochers. Après une douzaine de minute, il est à bord !

Un magnifique Queenfish !

Spendide queenfish !

Mon collègue décrochera malheureusement 2 queenfish et surtout un gros spanish macquerel, après 2 minutes de combat et un saut d'au moins 2 mètres au dessus de l'eau.

 

Des postes tous plus magnifiques les uns que les autres Des postes tous plus magnifiques les uns que les autres  

 

L'après-midi sera beaucoup plus morne : plus rien ne bouge. Ce n'est pas faute d'avoir tenté de nombreux postes, plages et longs de rochers plus jolis les uns que les autres ! Nous avons même tenté les poppers géants : 40 centimètres et au moins 500 grammes au bas mot. Quand je vous dis que c'est sportif ... !

 

Guide de pêche : 2ème jour

Cette fois je suis seul avec Kerry. Objectif du jour : pêche de requins !

La première étape est d'avoir des vifs. Nous longeons quelques plages où l'on peut parfois retrouver des centaines de petits mulets ... sans succès, ils sont absents aujourd'hui.

Deuxième tentive : attraper une petite carangue à mettre en vif.

Pour cela, nous nous dirigeons vers un poste plus au large pour pêcher en jigging . J'explique pour les novices (comme moi) de la pêche en mer : la technique est simple mais physique ; une grosse cuillère ondulante (100 gr ou plus) est lachée sur un poste profond (ici, 80 mètres), puis remontée le plus vite possible.

A la 2ème remontée, mon moulinet se mets à couiner : c'est parti !

Après 10 minutes de combats, voici un joli amberjack . Un peu gros pour un vif cependant ... il repart à l'eau.

 

Joli amberjack


Nous changeons de poste pour aller directement sur le récif hébergeant (espérons-le) les requins. Les vifs seront attrapés sur place du coup.

Pour faire des vifs, rien de plus simple : un gros hameçon (3 ou 4/0 à vue de nez), un bas de ligne en 80/100 et un gros plomb sur une potence. Et une sardine et/ou une crevette en appât.

On descend le tout au fond (50 mètres), on attend 10 secondes ... et c'est parti ! Seul problème de la technique : beaucoup, beaucoup de ratés. Les petits poissons grignotent les appâts en quelques secondes, souvent sans se piquer. Je passe mon temps à remonter la ligne, remettre une sardine, redescendre, voir la touche et ferrer dans le vide... et rebelotte.

Le premier poisson piqué sera ...un rémora (ou "poisson-pilote", celui qui s'accroche aux requins pour les débarrasser des parasites et récupérer les restes des repas). Impossible à utiliser en vif,  les requins n'attaquant jamais leurs précieux alliés.

Remora

 

J'en pique une bonne 10aine d'autres du même acabit ...


Puis (ouf) je finis par remonter ce qui semble être une petite carangue. Et alors que le vif arrive sous le bateau, le moulinet se mets à siffler. " Shark ! " me dit Kerry !

Fight ! Fight !


Après 2 minutes de combat (et 200 mètres de fil en moins), Kerry précise : " Big shark ! 150 / 200 kilos at least ! "

 

Fight ! Fight ! Fight !

 

Rien que pour le plaisir du bruit du moulinet, je vous mets quelques secondes de vidéo :

 



45 minutes de combat plus tard, c'est la casse. Arg ...


On remonte la ligne et c'est reparti pour la recherche de vifs : je sors quelques gros puffer-fish puis, enfin, une petite carangue.

 

Gros puffer-fish Gros puffer-fish Une petite carangue, parfaite pour servir de vif

On va enfin pouvoir équiper la ligne "lourde" avec le vif ! Montage simplissime : un bas de ligne en acier de 80 cm et c'est tout. Pas de plomb, pas de flotteur, on laisse le vif aller où il veut.

A peine à l'eau, Kerry me dit " Get ready, it is going to be fast ! ". Même pas eu le temps de finir sa phrase : sur les supports, la canne se plie en 2.

Le combat s'engage, très énergique. Tout en rush rapides et changements de directions.

" Very large GT ! "

 

Big GT !

Après 15 minutes de combat, je suis épuisé ... mais je sens que je commence à gagner un peu de fil. 5 mètres gagnés, 4 mètres perdus. Il commence à venir, doucement.

Puis le moulinet se remets à siffler d'un seul coup et 30 secondes après : cassé. Un requin a attaqué la GT que je combattais et a visiblement abimé le bas de ligne (pourtant en acier) lors de l'attaque ...
Re-zut.


Pas le temps de reprendre nos esprits, une 3ème canne mise à l'écart, avec juste une sardine morte placée en surface, loin derrière le bateau, se plie et on entend hurler le moulinet. Et un gros poisson saute immédiatement : un gros Spanish macquerel ! Jamais 2 sans 3 malheureusement : après 5 minutes de combat, le poids devient plus lourd et le poisson part d'un seul coup au fond.
" Shark again ! "


En à peine 1 minute, on aperçoit déjà les dernières spires de tresse sur le moulinet : il faut tout bloquer et forcer la casse, sous peine de perdre les 400 mètres de tresse ... Clac !

(Cela dit, je ne me lasse pas d'écouter la douce musique du moulinet !)

 

 


Je repars sur ma pêche de vif pendant que Kerry remonte les lignes, puis c'est reparti.

Il faut cette fois attendre 1h avant de voir la canne se tordre .... puis se redresser immédiatement. La tresse a été coupée à l'attaque. Le bas de ligne en acier faisait pourtant 1 mètre de long : c'était trop court pour la gueule du requin. Ca donne une idée de la taille de la bête...

 


Par la suite, plus rien ne bouge ; nous changeons de poste. Sur le chemin, nous croisons des aigles marins et leur jetons quelques poissons : magnifique spectacle !

 

 

 

Une fois sur le nouveau poste, j'ai toujours autant de mal à prendre un bon vif mais la diversité de poissons est beaucoup plus grande : Coral trout , Grass emperor , Fusilier, Stripey , Nannygai , et autres poissons multicolores ... magnifiques !

 

Coral trout : poisson extrêmement recherché, très fin à manger.

Les locaux seraient horrifiés de me voir remettre à l'eau 3 ou 4 coral trout de 1 à 2 kilos ...

Coral trout

 

Fusilier : un bon vif !

Fusilier

 

Stripey

Stripey ; oui, la pince à poisson était indispensable ... y a des dents ici ! :=)

 

Petit Nannygai

Nannygai

 

Grass emperor

Grass emperor

 

Nous croiserons même des tortues de mer et des serpents.

Serpent de mer Serpent de mer



Une ligne à vif est mise en place, avec un fusilier comme appât.
2h après, ça démarre ! Et ca casse avant d'avoir mis la main sur la canne ... Probablement une grosse GT qui a réussi à passer sous un récif en 2 secondes top chrono. Il s'agit pourtant de 80/100 anti-abrasion, mais les récifs sont toujours les plus forts ici.

 

80/100 anti-abrasions



Ca y est, nous avons épuisé les 4 kg de sardines et crevettes que nous avions pour faire des vifs.

Dernières tentives, sur d'autres postes : un peu de jigging au dessus des récifs, quelques tentatives aux stickbaits le long des rochers... sans succès.

Cette fois il faut s'avouer vaincu et rentrer !
Quelle journée ! Déçu de ne pas avoir réussi à sortir les "big one" du jour, mais tout de même ravi de cette incroyable pêche. Quelle densité de poissons et de vie d'une manière générale !

 

Cette dernière journée signe malheureusement la fin du séjour : il va falloir se résoudre à plier bagages... Le retour va être long !

Coucher de soleil au bout du monde ...

Si ce n'était pas aussi loin, on y retournerait bien tous les week-ends ;=)