Recherche guidée

Recherche par thème

Contenu

Poissons

Technique

The best of the beast

Vendredi 13 juillet

 

Ce soir, c'est petite pêche rapide en sortant du boulot. 2 ou 3 heures, maxi.

 

Le temps est pourri : un maximum de 16 degrés, du vent et surtout, beaucoup de pluie !

O joie...

 

Le bon coté des choses, c'est que je suis tranquille sur le quai pour une fois : y a pas un chat. Même pas un p'tit touriste perdu !

Le poste...

 

Vu le temps pas top, je ne vais pas pêcher au flotteur, c'est un peu trop galère quand il pleut.

Et je peux également abandonner la pêche avec amorçage en fil soluble (pour des raisons évidentes...).

Pas de pêche au vif non plus, car il manque le principal : les gardons !

 

Du coup, je m'oriente logiquement vers la dernière technique qu'il me reste pour le silure au coup : le pole-feeder.

 

Le matériel ne change pas :

- canne habituelle.


- Corps de ligne en tresse 50 livres. Du gros nylon aurait été préférable : plus rigide (donc moins de noeuds possible au feeder) et plus résistant à l'abrasion. Mais j'ai oublié la bobine...


- Bas de ligne en tresse de 30 livres et hameçon numéro 2. C'est plus faible que d'habitude, mais vu le temps, j'ai peur que les poissons soit assez peu actifs. De plus, j'ai vu la veille quelques pêcheurs "crabes" qui sont venus squatter mon poste... pour peu qu'ils aient pris quelques poissons et/ou cassé sur des silures, il est probable que la pêche de ce soir soit un peu "délicate".

 

- Durant ma pêche précédente, j'avais trouvé l'élastique creux de 3.8mm un peu trop mou et qui ne sortait pas assez pendant le combat : j'ai peur de casser sur le rush de gros poissons si je continue comme ça ! Si l'élastique ne peut pas les brider lors d'un rush, c'est foutu. 

Je tente donc un élastique creux 3.8 millimètres, doublé et torsadé entièrement. Le tout mesure 1m50 et je l'ai tendu sur 2 brins : ça donne un élastique très "fort" (car pas loin de 8 millimètres une fois doublé...) mais pas "trop" tendu, donc avec suffisamment de marge de maneuvre pour sortir jusqu'à 6 ou 7 mètres sur des beaux poissons.

 

Enfin, les petits détails qui font toute la différence :

 

1) J'attache ma ligne à l'élastique de façon classique, avec un noeud coulant autour de l'élastique. MAIS je prend soin de mettre au préalable une gaine en caoutchouc sur le fil, pour éviter que celui-ci ne coupe l'élastique sur une tension trop forte.

 

2) Je scotche le maximum de brins de cannes possible, surtout ceux de faible diamètre. Pourquoi ? Car quand le poisson part en bout de canne, les derniers brins sont presque tous aligné et c'est eux qui subissent le plus de tension... Donc pour éviter que l'un d'entres eux ne se déboitent durant le combat, je scotche ! Je me retrouve donc avec les 4 derniers brins solidement attachés.

 

3) Tous les noeuds sont réalisés en doublant le fil et en laissant un bout de tresse suffisamment grand pour qu'il ne puisse pas glisser.

 

4) Le piquant de l'hameçon est soigneusement vérifié en faisant glisser la pointe sur un ongle : s'il se pique, c'est bon. Sinon, soit je le jette, soit je passe un petit coup de lime pour améliorer ça.

 

 

Niveau amorce, je voulais une amorce "standard" feeder, carpe ou autre paquet tout prêt du commerce.

Mais raté, je n'en ai plus en stock... zut.

Donc improvisation : je mets des petits pellets à tremper puis, une fois bien pateux, je rajoute un fond de paquet d'amorce pour ablette. Pour éviter que cela devienne une pâte collante et inutilisable...

A priori, ça me semble bon. Peut-être même un chouïa "light", j'ai eu la main un peu lourde sur l'amorce ablette. Tant pis, on verra bien.

 

Pour gagner du temps, je sacrifie la précision (que j'aurais pu avoir au feeder) pour gagner en rapidité d'action : je lance à la main quelques poignés de pellets dès mon arrivée au bord de l'eau. Et ensuite seulement, je commence le montage du matos.

Ca laisse un peu de temps aux poissons pour arriver sur le poste.

 

 

Je commence la pêche en déposant 3 feeders remplis de petits pellets. A ce sujet, j'utilise de moins en moins les frolics "dans" le feeder car je trouve qu'ils ont tendance à se ramolir très vite et à se "bloquer" dans le feeder. Les pellets, plus durs, sortent parfaitement quand il le faut. Si vous avez une astuce pour le frolic dans le feeder, je suis preneur !

 

Bref, après 5 minutes de pêche, j'ai une très grosse touche .... à la descente !!  Un feeder de 60 grammes dans 3 mètres d'eau, ça descend vite... alors pour le chopper à la descente ?? Impressionnant !

Je rate (évidemment) la touche, car c'est le feeder qui a été attaqué, pas l'hameçon.

 

Une dizaine de minutes plus tard, rebelotte : avant même que je n'aie le temps de réagir, l'élastique sort de la canne, le poisson part au large... puis lache le feeder.

Au moins, les poissons sont sur le poste, à défaut de manger mes frolics !

 

Et enfin, après 25 minutes de pêche, je sens dans les mains le gratouilli caractéristique d'un silure en train de passer à table. 

Un bon gros ferrage et c'est parti ! L'élastique (8 millimètres, je le rapelle !) sort direct de 4 mètres ! 

Et pourtant, après 2 minutes de combat, je sens déjà le silure qui fatigue et qui arrive doucement en surface... il n'est pas bien gros mais il était nerveux celui-là !

 

Il fait 90 centimètres et retourne bien rapidement à l'eau.

Un petit silure pour s'échauffer Un petit silure pour s'échauffer

 

Je remets un gros pellet de 25 millimètres sur un cheveu et, comme souvent, ajoute un peu de mousse pour alléger le tout.

 

Une heure après, à part quelques poissons qui passent dans le fil, je n'ai rien vu bouger... Et avec la pluie qui continue à bien tomber, ça commence à sentir le roussi.

 

Et finalement, à force d'insister.... une petite touche se manifeste. Je compte mentalement jusqu'à 2, pour éviter un ferrage-réflexe trop rapide (qui m'a valu de nombreux décrochés par le passé....), et paf ! Dans les dents !

 

Le poisson monte presque en surface dès le début du combat. Je pense à un petit poisson et commence à tirer sur le coté pour l'éloigner du poste et combattre tranquillement... quand tout à coup, il se rend compte de ce qui lui arrive et donne un coup de queue monumentale, qui explose en surface dans une gerbe d'eau !

Finalement, il n'a pas l'air vilain !

 

Il commence à partir en fond de canne, d'abord doucement puis en prenant de plus en plus de vitesse : c'est maintenant ou jamais qu'il faut l'arrêter ! Sinon, c'est la casse assurée.

Je m'arcboute sur la canne, en essayant de jouer au maximum sur la puissance de l'élastique et la résistance du fil... plutôt sur que sur la canne elle-même. Il faut la ménager un peu dans un combat comme celui-ci, sinon on se retrouve vite avec des morceaux de carbone partout !

Pendant le combat

 

J'arrive tant bien que mal à stopper le premier gros rush du silure et là, le vrai combat s'engage ! Le round 1 est passé, mais il en reste encore beaucoup d'autres...

Le poisson commence à se coller au fond et se mets à partir doucement mais surement vers l'aval. Je tire comme un forcené mais rien à faire : je vois l'élastique au ras de l'eau et celui-ci ne décolle pas d'un centimètre ! Pour l'instant, clairement, c'est le poisson qui mène la danse... c'est tout juste si je peux lui définir sa zone de jeu !

Heureusement pour moi, il ne tente pas d'aller dans les herbiers. Sinon, je ne vois pas bien ce que je pourrais faire pour l'en empêcher....

 

Les phases de combats s'alternent tour à tour : tantôt une phase calme, toute en force et en puissance, où le poisson se repose en se collant au fond et où j'ai l'impression d'être un spectateur passif ne pouvant rien faire, malgré la tension énorme du fil.

Et tantôt des phases de folie furieuse du poisson, qui se met alors à donner des énormes coups de queue qui lui font faire de gros rush très rapides, avec changements de directions sans arrêt... et qui m'en font voir de toutes les couleurs ! Je ne vous raconte même pas la courbure de la canne dans ces moments là...

Je suis mort de fatigue, les bras et le dos qui commencent à tétaniser, mais il ne faut absolument pas se relâcher ! Le poisson est tellement rapide et violent qu'une erreur d'inattention se payerait cash ! Y a pas de seconde chance ou de joker ici !

La canne pliiieeee !!

 

30 minutes de combat :  ça y est, le poisson commence doucement à monter en surface... on va le voir... il monte... ça y est je l'ai vu !! Il repart aussitôt d'un grand coup de queue... mais je l'ai vu ! Enorme !

Clairement, j'ai mon record au bout de la ligne ... mais il faut encore le sortir !

 

40 minutes : je commence à déboiter prudemment. Puis je fais glisser doucement le kit vers l'arrière et m'empare de l'élastique à la main. En effet, celui-ci sort tellement de la canne que je ne peux pas amener "simplement" le poisson à l'épuisette en levant le kit : l'angle canne / fil deviendrait très petit et la canne exploserait en plusieurs morceaux....

Je tire sur l'élastique, prudemment, puis, encore plus prudemment, sur le fil lui-même. Je suis prêt à rendre du fil et à reprendre le kit à tout moment : même si le poisson ne fait "que" se retourner d'un grand coup de queue, il peut très bien tout casser au ras de l'épuisette ! Ce serait rageant....

 

Après quelques minutes d'aller / retour, "je viens vers le bord puis je repars de plus belle", j'arrive enfin à faire rentrer la tête et une partie du ventre de la bête dans l'épuisette ! (celle-ci étant un filet carpiste mis sur un gros manche bien lourd en fibre de verre).

 

Et là problème : le poisson est trop gros ! Il semble être plus ou moins calé dans le filet mais plus de la moitié de la longueur du silure dépasse encore... j'ai peur qu'en soulevant le tout, il glisse et retombe à l'eau ! Dans le doute, je mets mon kit à portée de main...

 

Je commence à soulever doucement, et... oops, c'est trop lourd, je n'y arrive pas ! Heureusement, le quai, précédemment vide, s'est vite rempli de touristes qui passaient sur le pont... forcément, un couple de japonais qui crient au milieu de la capitale "BIG FISH !!! BIG FISH !! OH MY GOD !!!" ... ça attire du monde, même sous la pluie !

Donc j'appelle un touriste à la rescousse et, à deux, nous arrivons à soulever, difficilement, le poisson.

 

Ouuuuufff, il est au sec !! Wouuuu, je suis euphorique !! Ca y est, the big one est là, à mes pieds !

 

Je sors le mètre (suspens, suspens) et commence à dérouler...

Il avait faim celui-là !

 

1 mètre 94 ! Ah non, le mètre avait glissé... 2,00 mètres tout juste !!! La barre mythique est passée !!! Et le tout avec une canne au coup !! J'avoue avoir eu des doutes, je ne savais pas si c'était possible, même si je voulais le tenter.... et ça y est !!!

Silure de 2 mètre pris au coup, à Paris The big one is here !

 

Quel bonheur, c'est géant !

 

Un poisson magnifique, un combat titanesque, des sensations incroyables .... J'adoreee !!!

 

 

Je retourne doucement chez moi, je ne sens plus mes bras mais c'est pas grave...  plus rien n'est important après un tel poisson !

 

Merci à tous les encouragements et mails que j'ai pu recevoir ces dernières années !

L'aventure ne s'arrête pas là mais une grosse étape a été franchie... Quel sera le prochain défi ?

Retour sous la pluie (1) Retour sous la pluie (2) Retour sous la pluie (3)